25 novembre 2011
On est...
On nait ce qu'on est
Instantané
On est ce qu'on nait
Instant année
On est ce qu'on est
Instant tané
On nait ce qu'on nait
Instant fané
Connait ceux qu'on est
Instants damnés
18 août 2011
Les pierres du Temps
Le souffle vif du vent siffle, vole, fuyant.
L'eau coule et clapotte, cliquette sur les rocs.
L'homme construit, détruit. L'homme prend. L'homme troque.
Fugaces, infinies sont les pierres du Temps.
Emerald, août 2011
18 mai 2011
Lies II

Une base blanche, belle et sans un défaut.
Un jeune visage, dont le regard est vide.
Un morceau de plâtre serti de purs joyaux,
Cachant sans mal une chair ô combien putride.
Et nous le remplissons, de pleins et de déliés,
Et nous dissimulons peines et hématomes.
Les pinceaux se trempent dans les couleurs diluées
Tantôt arc-en-ciels ou tantôt monochromes.
Les faces se figent, se teintent d'habitude,
Les corps et les gestes, le tout se conditionne,
Et l'osmose se crée. Dénués d'inquiétude,
Les acteurs s'assemblent, et les trois coups résonnent.
Commence la pièce, cet univers fantasque,
S'alignent les êtres et les portraits crachés,
Et lorsque nous tentons de retirer le masque,
Ne reste sur l'envers que de la peau arrachée.
Emerald 2011
12 mai 2011
Lies
J'ai appris de Duchenne le sourire parfait,
Feignant à merveille la joie, la politesse
Cachant, dans la crainte, la peur et la tristesse
Ma face vous trahit, sans frôler le surfait.
J'ai traduit aisément le langage du corps,
Et dansé légèrement la valse de la vie
Ou le moindre faux pas entraine les remords
Mon être vous trahit, en toute hypocrisie.
Et j'ai compris d'Ekman que les émotions
Sont, finalement, si faciles falsifiées.
On les accepte sans se poser de questions
Au nom de la sainte Sociabilité.
Je suis un corps pourri au masque souriant
Je suis ce qui se fait de mieux lorsque l'on ment.
Emerald, Mai 2011
27 janvier 2011
Poussière

Ecrire sur le vent
Des mots qu’on ne voit pas.
Poussière d’une étoile
A jamais déposée.
Un rayon de soleil
Se fige, immobile.
Captive d’un instant,
La mémoire blessée.
Ecrire
sur le vent
Des mots qu’on ne lit pas
Et l’attente toujours
De réponses masquées.
Caresse d’un murmure
Sur une épaule nue,
Une larme voilée
S’accroche et disparaît.
Ecrire sur le vent
Les mots qu’on ne dit pas,
Le laisser emporter
La poussière et l’étoile.
Enkeli
Janvier 2011
20 octobre 2010
Life
Le soleil se couchait. L'horizon mordoré tranchait avec le ciel nocturne qui s'installait. Quelques oiseaux volaient, s'en allant certainement vers des horizons exotiques. La soirée était fraiche et le vent soufflant refroidissaient un peu plus sa peau.
Elle était là, en haut de la falaise, regardant devant elle, sans penser au vide, sans penser à l'absence. Sans être. Les feuilles des arbres bruissaient plus loin. Elle entendait des voitures qui passaient de temps en temps, l'éclairant un peu lorsqu'elles arrivaient à sa hauteur, étalant son ombre sur le peu de sol qui la séparait du bord. Plus bas, beaucoup plus bas, des morceaux de roches se détachaient et tombaient dans l'eau dans un grand fracas. La mer se fracassait contre la pierre, guerrière et conquérante, comme si tout ce qu'elle souhaitait était de parvenir à terrasser ce géant.
Les rafales fouettaient son visage,
faisaient voler ses cheveux et les emmêlaient un peu plus. Elle
releva la tête et fixa le soleil qui d'un moment à l'autre
disparaitrait. Autour de lui quelques nuages s'éparpillaient, se
déformaient et se reformaient, malmenés par le vent. Des formes
plus ou moins distinctes apparaissaient et disparaissaient. Elle se
lassa emporter et les souvenirs revinrent.
Des silhouettes dans la brume, des
sons étouffés, des odeurs masquées, des caresses oubliées, tout
se mélangeait et formait un amas de sensations indescriptibles,
indéfinies. Un tourbillon naissait. Une tempête psychique qui
avançait, inexorable. Les bourrasques de mémoire l'emportaient, et
l'amenaient un peu plus à chaque seconde vers le vide qui s'offrait
à elle. Elle avança, pas après pas, s'arrêta à l'extrême limite
et ouvrit les bras.
Le Soleil s'en était allé. Sa
lumière bientôt ne serait plus, et la Lune impératrice viendrait
régner pour les quelques heures à venir, attendant sans crainte la
bataille qui se livrerait à l'aurore, une fois de plus, donnant le
droit au vainqueur de continuer le rythme circadien de son pouvoir.
Le vent la poussait. Elle sauta.
Soudain les silhouettes se firent plus
nettes, les sons se firent plus sonores, les odeurs plus odorantes et
les caresses plus présentes. Des petits morceaux de vie s'étalait
devant elle, tous absolument distincts, hauts en couleurs, riches en
détails, comme si son esprit avait su conserver chaque instant de
son existence, qu'il soit important ou non, qu'il soit heureux ou
non... Qu'ils soient ou non. Elle pouvait presque toucher les
musiques, gouter les images et voir les parfums, Pour la première
fois depuis longtemps, pour la première fois peut être depuis le
commencement, elle vivait. Au delà de la perception, elle
ressentait, elle connaissait, elle... Existait?
La mer conquérante avait réussi a
détacher un autre bout de la falaise. L'obscurité avait réussi à
chasser la lumière. Le vent avait réussi a pousser les nuages au
delà de l'horizon. Au milieu de cette bataille silencieuse, un bruit
sourd se fit entendre. Un bruit cassant.
Au pied de la falaise, sur les roches
émergées, un corps disloqué.



